Transferts de fonds des émigrés : En 2007, la Diaspora sénégalaise a injecté 540 milliards dans l’économie
Les transferts de fonds des émigrés sont devenus un enjeu socio-économique déterminant dans l’économie sénégalaise. Ces expatriés ont envoyé 540 milliards de francs Cfa en 2007. Seulement, cette période de grâce est rudement affectée par la crise financière internationale.Selon les statistiques de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), les envois des émigrés sénégalais en 2007 sont estimés à 540 milliards de francs Cfa. Soit 12 % du Produit intérieur brut (Pib) du pays et 81,7 % de l’aide publique au développement de l’année 2002. La révélation a été faite hier, au cours de l’atelier national de planification de politique stratégique sur les migrations au Sénégal et dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le directeur de cabinet du ministre d’Etat, Garde des sceaux, ministre de la Justice, Mamadou Ndiaye. Dans les détails, il ressort que 51,8 % de ces fonds proviennent de l’Union européenne contre 7,7 % des Etats-Unis d’Amérique. Là où l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde se retrouvent avec respectivement 7 et 33,5 %. Toutes choses qui confortent l’idée selon laquelle les transferts de fonds des émigrés sont devenus un enjeu socio-économique déterminant dans l’économie sénégalaise, dans la mesure où ils représentent une part significative des ressources du pays et constituent une source financière importante pour les familles. Même s’il est de notoriété que ces fonds n’interviennent que faiblement dans le financement et la création d’activités économiques génératrices de revenus. Autrement dit, ils sont davantage utilisés pour satisfaire des besoins de consommation courante des bénéficiaires ou d’investissement immobilier pour les émigrés eux-mêmes et leur famille.
C’est sous ce rapport que le représentant pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) reconnaît que le Sénégal se distingue par de fortes dynamiques migratoires internationales. Et que l’importance et la diversité de ces courants migratoires illustrent les enjeux auxquels l’Etat du Sénégal est confronté en matière de gestion de ce phénomène. Surtout à l’heure de la mondialisation où les réalités migratoires se révèlent beaucoup plus dynamiques. Ce qui pousse Abye Makonnen à en déduire que les défis opérationnels soulevés par les migrations nécessitent l’élaboration d’un cadre commun de partage de données quantitatives et qualitatives dans ce domaine.
Pourvoyeur majoritaire de ces devises des émigrés sénégalais, l’Union européenne se révèle un interlocuteur de premier plan dans la gestion de ces flux. Pour le conseiller politique et commercial de la Délégation de la Commission européenne au Sénégal, l’heure est à la concertation afin de développer des politiques stratégiques qui pourraient guider leurs choix dans ce domaine. Ce, en raison des nombreuses instances publiques qui se consacrent aux questions liées à la migration. Et selon Christian De Vroey, les bailleurs arrivent même à y perdre leur latin. D’où une invite du diplomate aux deux parties à instaurer un vrai dialogue dans le sens d’arrêter une politique commune. Avant de révéler que la Commission européenne a déjà proposé au Sénégal de conclure un partenariat pour la mobilité. Une offre qui, de ses dires, n’a pas encore reçu de réponse tangible de Dakar.
Cette embellie des transferts des fonds connaît une forte baisse du fait de la crise financière internationale. Une chute du flux des transferts qui va se répercuter sur le panier de la ménagère, si l’on sait que 80 % du budget des ménages provient de l’étranger. Aussi, le secteur du bâtiment risque d’être sérieusement affecté par cette crise. Et tous ses acteurs craignent un ralentissement de la construction de logements si les émigrés sont frappés par la crise dans leur pays d’accueil. Le secteur des logements sera en difficulté renseigne ‘Les échos de la Banque mondiale’ dans son numéro du mois d’octobre 2008 où un des administrateurs et directeur de la Société d’aménagement et de gestion d’équipements fonciers (Sagef) révèle que, d’après le dernier rapport de la Banque africaine de développement (Bad), 30 % du milliard d’euros transférés au Sénégal sont affectés au secteur de l’immobilier, notamment pour le remboursement du crédit, la construction et le paiement de loyers.
source walf